L’intégration à tout prix des jeunes en difficultés

Ces jours ci, la nouvelle qui allume les journalistes, dans le merveilleux monde de l’éducation, c’est l’intégration des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage dans les classes dites normales…

Maintenant que les grandes centrales syndicales en parlent, ça devient intéressant. Avant ce n’étaient que certains parents qui parlaient, ça n’avait aucun poids. Nous n’avons aucune tribune!

On me demandait cette semaine, connaissant les difficultés de mon fils, si j’étais pour l’intégration à tout prix des jeunes en difficultés dans les classes régulières. Ma réponse est fort simple. Je suis pour la formation de classes homogènes. C’est tout. À mon avis, c’est une des clés de la réussite scolaire. L’enseignement devrait être individualisé, la seule façon d’atteindre cet objectif est de regrouper les jeunes et non pas les disséminer pour un semblant d’équilibre.

Sans vouloir vous faire pleurer, je vais tracer un bref résumé de la situation que nous vivons avec mon fils le plus jeune.

Depuis la deuxième année, que les intervenants de l’école doivent «dealer» avec lui. Il n’est pas comme les autres. Il ne progresse pas comme les autres. Il semble dans son monde.

Leur idée est faite, il souffre de troubles affectifs!

À la fin de l’hiver, de sa troisième année, je le mets sur une liste d’attente, pour une évaluation en neuropsychologie à l’Université de Montréal, en septembre, on apprend que son cas est assez intéressant pour un des Doctorants.

À l’hiver, on apprend, qu’il ne souffre pas de déficit d’attention, c’est un enfant au développement tout à fait normal, qui éprouve toutefois un retard en lecture et en écriture. On nous recommande de travailler avec un orthopédagogue, afin régler son problème de lecture et d’écriture. À l’école, on met en doute le résultat de l’évaluation.

Leur idée est faite, il souffre de troubles affectifs!

À l’automne, une nouvelle orthopédagogue soupçonne autre chose, honnêtement, je n’ai jamais entendu ce mot : dysorthographie. Elle m’explique que c’est un trouble du langage écrit. Il doit retourner en évaluation, mais cette fois en orthophonie. Au bout de 9 mois, j’ai un rendez-vous. Diagnostic : Dyslexie-dysorthographie. Dans les faits, il est incapable de décoder rapidement les mots et il écrit au son, mais jamais de la même façon, alors, le même mot peut-être écrit de plusieurs façons dans le même paragraphe. L’orthophoniste m’explique qu’étant donné qu’il a les deux troubles, c’est difficile pour lui de suivre, sans les bons outils. C’est la raison pour laquelle, plusieurs soupçonnent un déficit d’attention sans hyperactivité.  Nous sommes au début de sa sixième année. Mais…

Leur idée est faite, il souffre de troubles affectifs!

Il a réussi, de peine et de misère à passer tous ses cours, sauf anglais, bulletin chiffré (codé) aidant! Eh oui, afin de soumettre un bulletin chiffré, pour plaire à je ne sais qui, peut-être aux journalistes, les chiffres du bulletin, correspondent à une lettre, donc  il a 60 presque partout, c’est-à-dire, il réussit mais avec très grandes difficultés…! On s’en fout, il a réussi les cours obligatoires du primaire! Il pourra donc faire son secondaire en musique. C’était le seul critère. PASSER. On a évité la classe ressource!

Être capable d’étudier en musique, était pour lui une très grande motivation, probablement la seule. Durant l’été, il a réussi à apprendre son doigté, grâce au TapTouch, mis à la disposition de tous les élèves de la Commission scolaire sur le Bureau Virtuel. De notre côté, nous lui avons procuré un ordinateur portable ainsi que tous les logiciels et périphériques recommandés par l’orthophoniste pour lui permettre de suivre et palier à ses difficultés. J’avise la direction durant l’été, et je demande dès la rencontre d’accueil qu’il commence à travailler avec l’orthopédagogue afin qu’il sache s’organiser avec ses nouveaux outils.

La première session est terminée, c’est la catastrophe. Il a commencé à travailler avec l’orthophoniste la semaine dernière. Elle refuse de travailler avec son portable. De toute façon, plusieurs enseignants les refusent en classe, car ils doivent faire du dépannage informatique avec tous les élèves avec portable et ça les retarde avec l’enseignement. Pourtant, il est le seul de sa classe avec un portable… et, à date, aucun dépannage n’a été nécessaire ! Bref, il ne doit par perdre ses acquis.

Demanderait-elle à un enfant qui porte des lunettes de les retirer pour ne pas que ses yeux deviennent paresseux? C’est son cerveau qui a besoin de lunettes, et ses lunettes c’est le portable!

La classe ressource… voilà la solution au problème des jeunes en difficultés. À l’école secondaire de mon fils, en secondaire 1, ils sont actuellement 17. On veut faire de mon fils le 18ième. TOUS TROUBLES CONFONDUS.

En classe ressource, ils ne font que des mathématiques et du français, rien d’autres qui puissent développer un intérêt pour l’école ou  la vie, mais surtout, PAS DE MUSIQUE! Mais ensuite ils vont réintégrer les classes régulières, la belle promesse!

Si j’avais la certitude que mon fils allait être avec des jeunes qui sont dyslexiques et/ou dysorthographiques, dans une classe encadrée par des spécialistes de ce type de trouble du langage écrit, je serais la première en ligne pour l’y intégrer. Tout pour l’aider. Mais ce n’est pas vrai que je vais le laisser avec des jeunes qui ont des troubles autrement plus envahissants…

Je suis vraiment enragée de cette situation, mais surtout, démunie. Certains enseignants sont prêts à investir leur temps pour aider nos jeunes, d’autres, j’en doute.

Étant donné que le rapport d’évaluation n’avait pas été transmis à tous les intervenants, je l’ai fait, certains enseignants m’ont répondu, par courriel ou par téléphone, d’autres n’ont même pas donné signe de vie… Je vois bien leur intérêt!

Ce matin, je me suis rappelée d’une religieuse qui m’a enseignée en secondaire 1.Elle avait la vocation, elle était dédiée à l’enseignement, et surtout, aucun organisme ni association ne lui dictait sa ligne de pensée ! C’était une vraie ! Il y en a encore, mais c’est de plus en plus rare!

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Suis-je une personne avec des idées de «droite»?

Tous ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas une adepte des mesures coercitives, peu importe l’offense!

Je ne sais pas si cela fait de moi une meilleure personne, mais je me sens bien avec cette façon d’être, ce qui me permet de croire que c’est ma nature authentique!

Toutefois, ce matin, un événement a réveillé en moi une fibre que je ne connaissais…

Vous savez combien je suis heureuse de circuler en toute légalité sur la voie réservée, en transport collectif!

Certains automobilistes, «à boutte» des bouchons de la 25 tous les matins, empruntent cette voie… en fait, je remarque que vous êtes de plus en plus nombreux à le faire… J’ajouterai même que plusieurs de mes amis, m’ont confié le faire…

Tout juste après la pesée routière, un agent de la SQ, accueillait les «illégaux» à bras ouverts!

Un sentiment de bonheur a jailli en moi… et, je prends le temps de partager cet immense bien-être avec vous!

Devrais-je m’inquiéter de ma vraie nature… suis-je, en fait, une personne avec des idées de «droite»?